SAÏSSET Elsa

Je découvre la gravure en 2004 en parallèle de mes études d’arts plastiques à La Sorbonne : les techniques de l’eau forte à l’atelier 63 (Paris 14e), la taille directe dans l’atelier du buriniste Joël Roche, grand prix de Rome, la taille d’épargne à l’école supérieure des arts appliqués Duperré. 

En 2016, je me consacre entièrement à la gravure en ouvrant mon atelier à Nantes, l’Atelier Bois d’encre, un espace de travail et de transmission autour de la gravure. J’expose régulièrement depuis près de 15 ans. 

J’ai choisi la gravure comme mode d’expression avant tout pour le rapport avec la matière, le métal, qui met en jeu la relation au temps. J’aime mettre en lumière l’infime par le prisme de la matrice gravée. Jouer des déclinaisons de gris qui tiennent de la vibration spirituelle. 

L’architecture tient une place importante dans mon imaginaire. J’aborde le paysage urbain, souvent des lieux publics provisoirement désertés de leurs habitants. La nature me tient également à cœur : la montagne, la mer, les marécages dans ce qu’ils nous donnent à voir comme éléments bruts, directs. Mes « petites séries » se ramassent telles des coraux, poussent comme des champignons ; se nourrissent d’insectes et s’observent à la loupe à la manière du plancton …

 

L’eau-forte est un procédé de gravure en taille-douce sur une plaque métallique à l’aide d’un mordant.  L’artiste utilisant l’eau-forte est appelé aquafortiste. À l’origine, l’eau-forte était le nom donné à l’acide nitrique. « Cette appellation elle-même est celle de l’acide nitrique étendu d’eau : l’aqua-fortis des anciens alchimistes. » Aujourd’hui, l’acide nitrique est remplacé par des mordants moins toxiques, tel le perchlorure de fer.

L’eau-forte est un procédé de taille indirecte (par morsure du métal par un acide), par opposition à la taille directe (à l’aide d’outils, tels burin ou pointe sèche). « En un sens général, l’eau-forte, qui est à la fois le procédé, la gravure sur métal et l’estampe obtenue par cette gravure, s’oppose aux autres procédés de taille-douce (ou gravure en creux), exécutés aux outils (burin, pointe sèche, manière noire). »

Parmi les différents procédés d’eaux-fortes, on trouve l’aquatinte, la gravure au lavis ou la manière de crayon. Toutes désignent une technique de gravure où l’image est creusée sur une plaque de métal à l’aide d’un acide. Elles diffèrent en revanche par les outils ou vernis à graver utilisés. Le principe est simple : sur la plaque de métal préalablement recouverte d’un vernis à graver, l’artiste dessine son motif à la pointe métallique. La plaque est ensuite placée dans un bain d’acide qui « mord » les zones à découvert et laisse intactes les parties protégées. Après nettoyage du vernis, la plaque est encrée et mise sous presse.